ACHILLE !!!!!!!!!!!!

Posez ici vos questions sur l'Iliade et l'Odyssée!

Modérateur: iliadeod

ACHILLE !!!!!!!!!!!!

Messagede Achille » Mar Avr 11, 2006 9:44 am

Salut à tous!
ça fait un petit moment que je m'interesse à Achille!!
Je voudrais bien lancer une discussion à son sujet...

D'abord une petite précision au sujet de l'erreur honteuse le concernant, la légende autour de son talon... Sa mére a voulu le rendre immortel.. mais pas en le plongeant dans le styx...
On a, en effet, observé, avec raison, que la fable qui suppose Achille invulnérable n'était pas reçue du temps d'Homère. Ce poète n'avait garde d'adopter une fiction qui eût déshonoré son héros. Achille, selon lui, fut blessé en combattant, et les Grecs livrèrent autour de son corps un combat sanglant qui dura tout un jour. Achille tout au long de ses aventures sait qu'il peut mourir... c'est celà qui en fait un héros... son invulnérabilité ruine ce que symbolise ce grand héros...
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Messagede Achille » Mar Avr 11, 2006 9:46 am

Ensuite, un p'tit exposé d'une spécilaliste Jacqueline Masson... c'est court et trés instructif! :wink:

L' Iliade

L'incomparable Achille: Achille est le meilleur!

(Page 15)

_________________________________


Nous venons de rencontrer un certain nombre de guerriers qui ne manquaient pas de qualités, et qui pouvaient, à nos yeux, mériter le titre de héros. Cependant, les éloges que leur prodigue Homère sont généralement nuancés par la réserve: "après Achille". En tout, partout, Achille est le premier.


Oserai-je vous avouer, dans une langue un peu familière, que ce "premier partout" est "un fils à papa", "le gâté de sa maman" et "le chouchou des profs"? Tout ça, voyez-vous, aide beaucoup. Pourtant, ses camarades, loin d'envier tant de chance, sont en admiration devant lui! A quoi tient cette fascination?

Voyons ce qui fonde la supériorité d'Achille. Nous chercherons ensuite ce qui rend le personnage attachant, et si nous pouvons parler, à son propos, d'héroïsme.

1 C'est le meilleur.

"A son fils Achille, le vieux Pélée recommandait d'être le meilleur toujours, de surpasser tous les autres".

Ainsi, par exemple, la javeline qu'il brandit ne peut être soulevée que par lui. Pour la bravoure, la pugnacité, l'adresse, la vigueur, l'endurance ou la rapidité, il représente ce qu'on appellerait le top-niveau. On peut, à la rigueur, l'égaler dans l'un ou l'autre de ces domaines, mais jamais l'y dépasser, ni posséder comme lui toutes ces qualités ensemble, à leur sommet.



Protégés par ce soldat exceptionnel, les Achéens sont en sécurité, il les garantit contre les attaques des Troyens, qui n'osent s'avancer jusqu'au camp que pendant sa longue bouderie. Il suffit qu'apparaisse à nouveau sa figure redoutable, et que retentisse son cri de bataille pour jeter la confusion dans les rangs des ennemis.

On ne peut pas, pourtant, les taxer de lâcheté, les dieux eux-mêmes rappellent à la prudence les héros troyens qui osent s'attaquer au grand guerrier. Poséidon tance vivement Enée:

"Quel est donc le dieu qui t'inspire d'aller ainsi, comme un fou, combattre face à face le bouillant fils de Pélée, qui, tout ensemble, est bien plus fort que toi et plus aimé des immortels? Crois-moi, bats en retraite lorsque tu le rencontreras". Et Apollon lance cet avertissement à Hector: "ne va plus, à aucun prix, te battre avec Achille en avant des lignes!"

Fils du roi Pélée, qui lui-même descend de Zeus et que les dieux honorèrent au point de lui accorder pour épouse une des leurs, la divine Thétis, Achille fait sonner haut son lignage. Il traite ses ennemis avec arrogance lorsqu'il les défie, et il les écrase de son mépris après leur défaite: "Il est dangereux, fût-on né d'un fleuve, de lutter avec des fils du Cronide tout puissant", ironise-t-il devant le corps de l'un d'eux. Disons à sa décharge, que, chez les guerriers homériques, insulter son ennemi, même vaincu, blessé ou sans vie, fait partie du programme, et même, du plaisir.

Achille est sûr de lui, il a tous les droits. Sa violence au combat ne connaît aucune borne: "Tel un prodigieux incendie fait rage à travers les vallées profondes d'une montagne desséchée. La forêt profonde brûle, et le vent, qui la pousse en tous sens, en fait tournoyer la flamme. Tel, en tous sens, bondit Achille, lance au poing, pareil à un dieu, se ruant sur ses victimes. La terre noire est inondée de sang". Impitoyable, il égorge les suppliants et poursuit les fuyards jusque dans le fleuve où ils se sont jetés. "Son coeur ne songe qu'à des oeuvres de mort. Il va, frappant avec entrain, et une plainte monte, horrible, de tous les corps que frappe son épée. L'onde devient rouge de sang".

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Messagede Achille » Mar Avr 11, 2006 9:48 am

L' Iliade

Achille à qui tout est permis.

(Page 16)

_________________________________



L' Incomparable Achille. - 2 Tout lui est permis.

Ce qui cause cette folie meurtrière, c'est le deuil que lui a mis au coeur la mort de Patrocle, et le désir brûlant de venger son ami: "Tous à mort! et cela jusqu'à l'heure où nous aurons atteint la ville d'Ilion, oui, tous à mort..." Pour assouvir sa colère, les pires cruautés sont justice à ses yeux, car il n'a pas d'autres règles que ses propres décisions. Patrocle, qui le connaît depuis leur enfance, sait qu'il n'en fait qu'à sa tête et il subit ses sautes d'humeur avec philosophie.


Chez ses Myrmidons, Achille fait le jour et la nuit, il est leur maître, et tous tremblent lorsque "dans ses yeux, par dessous les paupières, une lueur s'allume, terrible et pareille à la flamme". Quand, après avoir obligé ses soldats à l'inaction pendant plusieurs semaines, il les ramène brusquement au combat, tous obéissent et serrent les rangs sans discuter.

Toute sa brouille avec Agamemnon vient du dépit de voir une autorité s'imposer à lui, et ses mérites éminents mal reconnus.

Pour se venger, il n'hésite pas à se désolidariser des siens: il songe à reprendre la mer, les privant ainsi de leur plus solide appui, et il les trahit, en chargeant sa mère d'obtenir de Zeus une victoire des Troyens, qui humilierait Agamemnon.

Malgré les malheurs des Achéens, il s'obstine ensuite dans sa rancune, refusant les excuses et les offres de réconciliation.

Il ne se résigne à faire un geste, en envoyant Patrocle à l'aide, qu'à la dernière extrémité, et sur les instances de son ami: "Tous ceux qui, naguère, étaient les meilleurs (des Achéens) gisent parmi les nefs... Touché, le fils de Tydée, Diomède le Fort. Frappé, Ulysse, l'illustre guerrier, ainsi qu'Agamemnon. Touché aussi, Eurypyle... Et sur toi, rien n'a prise, Achille! Ah! que je ne sois jamais la proie d'un courroux pareil à celui que tu gardes au coeur, héros au triste courage!"


Et encore, ce ne sont peut-être ni son amitié pour Patrocle, ni la pitié, ni le patriotisme qui finissent par emporter sa décision, mais une considération purement pratique: "Qu'ils n'aillent pas incendier nos nefs avec le feu flamboyant, et nous ravir le doux retour!"

Les objectifs qu'il fixe à Patrocle en l'envoyant au combat montrent les limites de sa générosité à l'égard des siens: "Il s'agit de me conquérir un grand renom et une grande gloire auprès de tous les Danaens, afin qu'ils me ramènent la belle jeune fille et qu'ils m'apportent de splendides présents. Une fois que tu auras chassé l'ennemi des nefs, reviens sur tes pas... résiste au désir de lutter sans moi contre les Troyens belliqueux: ce serait amoindrir ma gloire".

Quand lui-même reprendra la bataille, ce ne sera pas par solidarité avec les Achéens, mais par ressentiment personnel, pour punir Hector et les siens d'avoir tué son ami le plus précieux.

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Messagede Achille » Mar Avr 11, 2006 9:49 am

L' Iliade -

Achille: le chéri des dieux -

(Page 17)

_________________________________


Associable, emporté, il peut impunément donner libre cours à son égocentrisme et se montrer odieux: il est le fils de la déesse Thétis! Sur l'Olympe, on lui passe tout. Il peut tout entreprendre, se mettre dans les situations les plus difficiles, une intervention divine lui prêtera toujours son assistance.



Qu'il se dispute avec son supérieur hiérarchique, sa mère accourt pour le consoler. Qu'il perde ses armes, le dieu forgeron s'empresse de lui en fabriquer de plus belles, ainsi, plus tard, quand une lance l'atteint avec une force qui devrait le blesser gravement, sa cuirasse divine, plus épaisse que celle des pauvres humains, le protège de toute égratignure. Qu'il décide de se montrer sur le front, il apparaît aux yeux des ennemis, nimbé par Athéna d'une nuée terrifiante. Qu'un fleuve, pour punir sa cruauté, menace de le noyer, on s'affole chez les Immortels, Athéna et Poséidon viennent lui rendre courage, Héra charge son fils Héphaïstos d'apporter du feu pour faire cesser le danger.

Qu'Hector essaie de lui échapper, Athéna ramène par un stratagème le malheureux sous sa griffe. Qu'il fasse tomber son javelot, il est remis à sa portée par cette même déesse.

Et Zeus, le Père des dieux s'inquiète de son sort, Zeus souhaite le voir triompher.

Deux divinités échappent à cette faiblesse, le fleuve Scamandre, que d'autres appellent le Xanthe, et l'Archer Apollon. Tous deux, il est vrai, protègent Troie, mais les circonstances où éclate leur indignation sont de pure justice. Avant de précipiter sur lui ses eaux bouillonnantes, le fleuve l'interpelle: "Achille, tu l'emportes sur tous les humains par ta force, mais aussi par tes méfaits. Tu as toujours des dieux prêts à t'assister d'eux-mêmes. Si le fils de Cronos t'accorde d'anéantir tous les Troyens, du moins, chasse-les loin de moi, dans la plaine, avant de te livrer à ces atrocités. Mes aimables ondes déjà sont pleines de cadavres... et toi, tu vas toujours tuant, exterminant..."

Devant les insultes indéfiniment répétées qu'Achille inflige au cadavre d'Hector, Apollon reproche aux dieux leur indulgence: "Vous préférez donc, dieux, prêter aide à Achille, à l'exécrable Achille, alors que celui-ci n'a ni raison, ni coeur qui se laisse fléchir au fond de sa poitrine, et qu'il ne connaît que pensers féroces. On dirait un lion qui, docile à l'appel de sa vigueur puissante et de son coeur superbe, vient se jeter sur les brebis des hommes pour s'en faire un festin. Achille a, comme lui, quitté toute pitié, il ignore le respect".

4 Est-il vraiment détestable?

Cet homme qui, apparemment, ne s'intéresse qu'à ses propres affaires et n'a d'autres horizons que guerriers, a quelques moments de simple humanité qui le rendent sympathique.
Le voici dans sa baraque, où "son coeur se plaît à toucher d'une cithare sonore, belle cithare ouvragée que surmonte une traverse d'argent... tandis qu'il chante les exploits des héros. Seul, en face de lui, Patrocle est assis en silence".

Des visiteurs se présentent, envoyés par Agamemnon pour négocier une réconciliation, Achille, aussitôt, se lève et les accueille avec empressement. Il charge Patrocle de préparer la boisson, tandis que lui-même s'active aux brochettes, avec savoir-faire et prestesse. Il se montre sincèrement ravi de revoir Ajax et Ulysse: "N'êtes-vous pas pour moi, malgré mon dépit, les plus chers des Achéens?" Certes, il ne cache pas aux deux ambassadeurs que leurs belles paroles seront inutiles: "vous n'aurez pas à roucouler l'un après l'autre, assis là, à mes côtés", il reste sur sa position, dit sa rancoeur et refuse avec hauteur les offres mirobolantes d'Agamemnon.

On sent chez lui, l'orgueil blessé, mais il laisse aussi percer un réel chagrin, celui d'avoir perdu sa "douce épouse", "celle-là, je l'aimais, moi, du fond du coeur, toute captive qu'elle était".
Puis il confie à ses amis ses réflexions et ses rêves: "Mon noble coeur bien souvent m'a poussé à prendre (là) pour légitime épouse une compagne qui convînt à mon rang, afin de jouir ensuite, tranquille, des trésors du vieux Pélée. Il n'est rien pour moi qui vaille la vie, pas même les richesses... On enlève boeufs, gras moutons, on achète trépieds et chevaux aux crins blonds: la vie d'un homme ne se retrouve pas".

Lui qui semblait avoir choisi, des deux destins que lui offrait le sort, celui qui lui assurerait la gloire, au prix d'une vie brève, le voici tenté d'y renoncer: "Si je m'en reviens, au contraire, dans la terre de ma patrie, c'en est fait, pour moi, de la noble gloire, une longue vie, en revanche, m'est réservée... Oui, et c'est même à tous que je conseillerais, moi, de voguer vers leurs foyers".

Est-ce l'inaction qui amène Achille à reconsidérer les valeurs de l'existence? J'y verrais aussi l'influence apaisante de Patrocle, dont tous connaissent la délicatesse de cœur, et dont, après sa mort, ils se souviennent avec émotion: "Rappelez-vous bien, à cette heure, la bonté du pauvre Patrocle: il savait être doux à tous quand il vivait", dit Ménélas. Et Briséis: "Même le jour où le rapide Achille eut tué mon époux et ravagé la ville du divin Mynès, tu ne me laissais pas pleurer... Et c'est pourquoi, sur ton cadavre, je verse des larmes sans fin, toi qui toujours étais si doux!" Nous sentons combien on aimait ce guerrier, à la façon désespérée dont on lutte pour conserver son corps.
Avoir eu un ami de cette qualité honore Achille, et si l'expression violente de son désespoir nous choque, nous apprécions sa fidélité à la mémoire de Patrocle. Les jeux funèbres qu'il organise, la valeur et l'abondance des prix qu'il distribue aux vainqueurs donnent la mesure de son affection pour le héros, mais aussi de sa générosité. Il se montre, pendant tout le déroulement de la fête, un hôte attentif et efficace, soucieux de voir chacun respecté et satisfait. Il offre avec déférence une belle coupe au vieux Nestor, que son âge empêche de concourir. Il apaise une querelle entre supporters: "N'échangez plus ainsi de propos méchants et durs, Ajax et Idoménée. ... Allons, restez donc là, assis dans l'assemblée, et regardez les chars". Il départage des vainqueurs: "Antiloque, puisque tu m'invites à tirer de chez moi un autre présent pour Eumèle, c'est ce que je ferai." Et il se garde d'assombrir par son chagrin une compétition sportive qui fait pour un moment oublier les peines

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Messagede Achille » Mar Avr 11, 2006 9:50 am

L' Iliade -

Achille: la sensibilité du héros -
(Page 18)

Un moment inoubliable.

_________________________________


Le passage où se révèle toute la sensibilité du héros, Homère l'a réservé pour le dernier chant. Sur les recommandations de sa mère, Achille se résigne à faire cesser sa rancune, à accepter une immense rançon et à rendre le corps d'Hector à son père. Une intense émotion naît de la rencontre entre le vieillard et le jeune homme, que rapproche en une miraculeuse compassion l'expérience du chagrin.


Protégé par Hermès, Priam est arrivé jusque devant Achille, en suppliant, il saisit ses genoux: "Souviens-toi de ton père, Achille pareil aux dieux. Il a mon âge... il est tout comme moi..."
Il dit, et chez Achille, il fait naître le désir de pleurer sur son père. Il prend la main du vieux et doucement l'écarte. Tous les deux se souviennent: l'un pleure longuement sur Hector meurtrier, tapi aux pieds d'Achille. Achille, cependant, pleure sur son père, sur Patrocle aussi, par moments, et leurs plaintes s'élèvent à travers la demeure.
Mais le moment vient où le divin Achille a satisfait son besoin de sanglots... il se lève, il prend la main du vieillard, il le met debout. Il s'apitoie sur ce front blanc, sur cette barbe blanche..."

Il s'apitoie devant la tragique destinée de celui qui fut un roi puissant et dont il a tué les fils. Évitant au vieux père la vue du cadavre de son enfant, il fait soigneusement préparer le corps hors de la chambre, puis il prend soin de restaurer son visiteur.

"Et lorsqu'ils ont chassé la soif et l'appétit, le fils de Dardanos admire Achille: qu'il est beau! à le voir, on dirait un dieu. De son côté, Achille admire Priam, fils de Dardanos, il contemple son noble aspect, il écoute sa voix... il se sont longuement complu à se regarder..."
Achille veille ensuite au confort de Priam et à sa sécurité. Il s'enquiert aussi de la trêve nécessaire aux obsèques d'Hector: "Il en sera fait comme tu le demandes, vieux Priam: je suspendrai la bataille aussi longtemps que tu m'en pries." Pour ces brefs instants de grâce, nous pardonnons beaucoup à Achille!

-5 -Est-il un héros?

Cette admirable machine de guerre est donc capable de sentiments. Malgré son caractère ombrageus et violent, il sait la douceur d'aimer une femme, il connaît le prix de l'amitié, il goûte les joies de la camaraderie. S'il voit rarement son père, la vue d'un vieillard l'émeut toujours, et il avoue que la nouvelle de sa mort serait une des plus douloureuses qu'il puisse apprendre (en revanche, il ne s'attendrit pas sur sa mère, qui vient constamment le trouver...). Nous sommes en face d'un homme, dont la beauté, la fortune, les exploits guerriers font un véritable héros de légende.
Qu'est-ce à dire? Entre lui et ses compagnons, ceux que, pour leur bravoure ou leur abnégation, nous avons appelés des héros, il y a une sorte de distance. Il est un des leurs, mais en même temps, il est autre. Son origine divine, son évidente supériorité militaire, l'appui constant des immortels, le mettent à part. Mais une raison plus profonde fait naître autour de lui l'admiration et la crainte: c'est un homme "voué à mourir avant l'heure". Il le sait et, malgré tout le prix qu'il accorde à la vie, il l'accepte parce que c'est la condition de son plein accomplissement de guerrier, "sa gloire".
Chaque soldat qui part au combat ignore s'il en reviendra, mais il espère toujours. Achille, lui, ne se berce d'aucune illusion: il ne rentrera pas dans sa patrie, sa mère l'a averti qu'il périrait "sous les murs de Troie". Voilà la vérité de celui que nous pensions surprotégé. Certes, il donne la mort avec une efficacité multipliée par l'aide des dieux, mais il est prêt à la recevoir à son tour. En plein carnage, il conserve assez de détachement et de lucidité pour dire sa propre fragilité: "je suis beau, je suis grand, je sors d'un noble père, une déesse fut ma mère. Et néanmoins la mort est sur ma tête, et l'impérieux destin. Un matin viendra -un soir, un midi- où quelqu'un au combat m'arrachera à moi aussi la vie".

Malgré cette certitude, il se jette à corps perdu dans la mêlée. C'est là son héroïsme. On peut en contester l'utilité ou le mérite, parce qu'il n'est pas motivé par l'altruisme, comme celui d'Hector, par exemple, mais le sacrifice de soi qu'il implique éveille l'admiration.
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Messagede diomède » Lun Avr 17, 2006 9:41 am

Bravo! très belle analyse d'Achille!
J'ai pris plaisir a cette lecture :D
En toute modestie!
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Messagede Achille » Jeu Avr 20, 2006 3:53 pm

pour notre Achille du forum qui est très sympatique oui mais pour le héros péléide non pas vraiment...trop colèreux , il ne peut pas souffrir un reproche sans s'énerver , Homère le dit bien pratiquement à chaque fois qu'Achille parle c'est parce qu'on l'énerve...
Mais il est certes très émouvant à la mort de Patrocle


La personnalité d'Achille est interresante a mon sens justement par ses défauts.Héros sans égal,voué a une mort glorieuse, mais aussi pion indispenssable de la chute d'Illion.Orgueuilleux,prétentieux,colérique, tétu , conscient de sa valeur et de son importance, mais également sensible a la mort et au chagrin. Complexe ,sans lui l'Illiade ne serait pas l'Illiade.


hum le terne "coléreux" revient 2 fois....
voyons celà...
Dans la pensée grecque la colère a des mérites... Aristote explique dans "Ethique à Nicomaque" que le manque de colère encourt la blâme car ceux quyi ne s'emportent pas pour des raisons qui devraient exciter leur colère paraissent stupides, tout autant que ceux quyi s'emportent pour de fausses raisons. Supporter sans riposte l'outrage, c'est montrer une âme servile!
La juste colère sert donc la révolte, la vengeance et l'action héroïque!

Susceptible dites-vous?
Il est vrai que je parle de moi à la troisième personne... :wink:
Les héros homériques sont tous susceptibles et ne manisfestent aucune servilité...
On rejoint ici ce qui a été dit précédemment, la moindre remontrance ranime aussitôt la colère et l'ardeur combative!

En ce qui concerne Achille, sa bouderie face à Agammenon est justifiée!
A travers sa fameuse colère, on peut entendre à la fois son retrait du combat suite à l’humiliation que lui impose Agamemenon, et son désir de venger Patrocle. Son retrait du combat peut s’assimiler à une bouderie, au caprice d’un homme privé de la femme qu’il aime. Il s’agit de fait d’une histoire d’honneur bien plus que d’une histoire de femme. Agamemnon et Achille se comportent de la même manière : ni l’un, ni l’autre ne veut perdre la face. Le premier convient qu’il doit rendre Chryséis, mais ne supporte pas de rester sans prise de choix, tandis que le second n’entend pas céder sa part. Dans l’Iliade, le passage où Achille implore sa mère de lui donner revanche, est particulièrement explicite de cet état d’esprit. Achille se retire avec toute la superbe d’un héros : il le fait totalement, et attend que les immortels lui octroient son heure, conformément à ce que sa mère à plaidé pour lui aux genoux de Zeus. Mais lorsqu’il apprend la mort de Patrocle, sa colère est si grande qu’elle surpasse ce qui faisait obstacle à son retour au combat : son désir de vengeance devient plus grand que l’importance de son honneur.

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Messagede diomède » Ven Avr 21, 2006 12:03 am

La colère d'Achille est justifiée et loin de moi l'idée de penser que sa colère ou sont orgueille ne sont pas légitime!
Achille en posant le pied sur la plage de Troie, sait que sa mort est inévitable , c'est son choix.Mort glorieuse mais vie courte, Ses exploits avant sa brouille avec Agamemnon sont fantastique, et il tombe amoureux de Briseis aux belles joues!
Pourquoi se sachant condamné par les dieux se retire-il des combats?
Ce sont des exploits ratés! L'amour de Briséis justifie cela?
Non je rejoint l'analyse que c'est l'orgueille qui bloque les relations entre le guerrier et son roi.La mort de Patrocle lui permet de sortir de l'impasse ou il s'était coincé et d'enfin voler vers son destin.
Quand je citai, colère, orgueille, entetement, c'est dans le sens noble que je les nommais :D
En toute modestie!
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Messagede axell AO » Jeu Juin 07, 2007 4:34 am

SUPER §§
AXELL AO!!BONNE GEURRE DE TROIE A TOUS!!!!!!!!!!!
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